Réduire massivement le nombre d’interdictions de virage à droite sur feu rouge

Québec, le jeudi 5 octobre 2017- Le virage à droite sur feu rouge a vu le jour aux États-Unis durant les années ’70, alors qu’une crise pétrolière frappait le pays[1]. À l’époque, on réalisa que patienter sans raison à une lumière rouge alors qu’un virage sécuritaire à droite était possible coûtait aux automobilistes temps et argent. Introduite progressivement, la possibilité de tourner à droite au feu rouge est aujourd’hui en vigueur à la grandeur du pays et, depuis 2003, dans la province de Québec.

Cependant, cette mesure mise en place il y a un peu plus de 10 ans a perdu de sa pertinence avec l’adoption d’un nombre excessif de limitations municipales. Dans une volonté pieuse de protection de tous les usagers de la route, la Ville de Québec a introduit une foule d’exceptions couvrant un large éventail de situations souvent excessives et/ou illogiques.[2] Nous sommes d’avis que le point d’équilibre raisonnable a été largement dépassé et qu’une réduction substantielle des interdictions doit être menée.

Québec21 propose de réduire massivement les interdictions de virage à droite au feu rouge à travers la ville. Suite à l’élection de Jean-François Gosselin et son équipe, un comité sera rapidement mis en place afin de réviser, en un premier temps, les critères d’interdiction excessifs. Puis, une fois cet exercice réalisé, toutes les interdictions seront levées, sauf dans les cas exceptionnels où la sécurité est un enjeu. Québec21 propose également de rendre les feux de circulation clignotants la nuit, entre 23h et 6h.

L’argument principal de ces mesures est la qualité de vie des citoyens de Québec. Le flot automobile se trouverait instantanément amélioré en augmentant la fluidité en temps réel. Il va sans dire que de réduire le temps d’attente moyen aux intersections accélère d’autant l’arrivée à destination. De plus, les automobilistes qui circulent la nuit éviteront des attentes inutiles aux feux de circulation alors que les routes sont très peu achalandées.

La levée des interdictions des virages à droite est aussi un argument économique et environnemental important. La consommation d’essence est notamment en lien direct avec le temps d’attente aux feux rouges. Réduire le nombre d’arrêts complets amoindrit la consommation d’essence moyenne du trajet, et par conséquent la saturation de l’air par les gaz d’échappements.[3]

Enfin, la sécurité est un argument souvent évoqué pour justifier le nombre excessif d’interdictions de virages à droite au feu rouge. Or, les données tendent à prouver le contraire, avec une augmentation minimale de 0,1% du risque pour les piétons lors de la levée simple et complète des interdictions.[4] Notre approche inclut une réserve pour les cas d’exception, limitant d’autant le risque aux piétons et cyclistes. Afin de garantir un niveau de sécurité optimal, une campagne de sensibilisation pourrait notamment être mise en place lors de la modification réglementaire.

L’esprit de la mesure est simple: le virage à droite au feu rouge existe depuis plus de 40 ans sans problème partout à travers la planète. La ville de Québec et ses citoyens doivent pouvoir circuler aussi librement que possible et cette mesure à coût nul bénéficiera à tous dès sa mise en place, en réduisant notamment la congestion et la pollution aérienne.

[1] Department of Energy, 25 août 2011, Right Turn on Red!, [En ligne]

[2] Ville de Québec, Interdiction du virage à droite au feu rouge – Fiche technique.

[3] Evans, Leonard, et al., 1977, ‘’ Fuel Consumption and Right Turn on Red: Comparison between Simple Model Results and Computer Simulation’’, Transportation Science, Vol. 11, No.1.

[4] National Highway Traffic Safety Administration, 1995, The Safety Impact of Right Turn on Red – Report to Congress.